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Les noces bretonnes autrefois

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chifoumi
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Les noces bretonnes autrefois

Message par chifoumi le Mer 14 Sep - 13:36

Et voilà de la lecture pour vous préparer à ces noces bretonnes!!!!  
Pas trop disponible jusqu’á la fin de la semaine...ensuite je m’y plonge!!!!

Les noces en Basse-Bretagne autrefois

Conférence de Serge Duigou, historien – 19 Juillet 2012

Le mariage était le moment le plus important de la vie : il conditionnait tout le reste, à une époque où on ne divorçait pas, ou très peu, en Léon encore moins qu’ailleurs. C’était la grande occasion de faire la fête, de dépenser sans regarder, de se permettre certains excès avant de revenir dans le quotidien.

Le mariage était l’objet de certaines superstitions, souvent liées aux fontaines, où  les jeunes filles  jetaient des épingles : si elles flottaient on se marierait dans l’année.

Les foires et les pardons sont de bonnes occasions de repérer le conjoint. Il est très important de le bien choisir : ni au-dessus de sa condition, ce qui serait jugé prétentieux, ni au-dessous : ce serait une mésalliance.

Le baz-valan ou entremetteur, ainsi  nommé à cause de son signe distinctif : un bâton (baz) de genêt (valan), est un personnage essentiel : il mène la négociation, renseigne les familles sur la moralité et l’état des fortunes. C’est quelqu’un qui circule du fait de son métier ou de sa condition. Un tailleur, qui va d’une ferme à l’autre, passant plusieurs jours dans chacune et partageant la vie du foyer, ou le mendiant, qui passe régulièrement, souvent dans les mêmes familles.

C’est souvent le baz-valan qui formule la demande en mariage. Certains codes permettent  de signifier tacitement l’acceptation ou le refus.

La date du mariage : souvent en septembre, après les grands travaux agricoles de l’été, et avant les grands froids. Souvent ce sont les sonneurs qui fixent la date en fonction de leur calendrier la plupart du temps chargé.

Un cas particulier à Plougastel-Daoulas, où on pratiquait le mariage collectif. On connaît le cas de 22 mariages célébrés le même jour !

On se marie le  mardi : il faut réserver le lundi pour les préparatifs ; ensuite les noces durent trois jours, mardi, mercredi, jeudi, et il n’est pas question de faire la fête le vendredi, jour maigre.

Quand les familles ont du bien il y a contrat devant notaire.

Avant le mariage se situe la « fête de l’armoire » : l’armoire, qui est très souvent la dot, est apportée en cortège à la maison où habitera la jeune femme. Rituel très codifié. Un long palabre, succession de refus,  précède l’acceptation et l’entrée de l’armoire dans la maison.

 Le mariage civil est une formalité qui n’intéresse personne.

Au mariage religieux les invités sont en grand nombre :

- les familles sont nombreuses, il ne faut oublier personne, oncles, tantes, cousins, cousines… sous peine de fâcheries durables.
- on invite tous les voisins. C’est une manière de reconnaître les nombreux services rendus.
- on invite aussi les notables, qui mettent leur point d’honneur à être présents.

Noter l’importance du garçon d’honneur, qui avec les parents veille à tout : bien apparier cavaliers et cavalières, faire en sorte que chacun ait assez à boire…

La messe a lieu en fin de matinée, mais si on a « fauté » on n’a pas droit aux honneurs. On est marié en catimini, tôt le matin et sans les cloches.

Le cortège vient de la maison de la mariée, précédé des sonneurs. On vient à l’église à pied, en char à banc si on en a les moyens. Le peintre Eugène Boudin, qui a épousé une Bretonne, fait état d’un chant des adieux aux accents tristes, avant que la mariée ne quitte sa maison.

On a revêtu ses plus beaux habits : importance du costume, comme marqueur géographique, social, économique.

Après la messe, au bourg, on alterne danse et passage pour boire un coup  dans les troquets, dont il ne faut oublier aucun.

Ensuite on se rend en cortège à un grand champ ou une grange pour le repas.  Tréteaux et bancs reçoivent les invités. S’il y a trop de monde (jusqu’à 1800) on creuse dans le champ deux tranchées et on s’assied  à même le sol.

A la table d’honneur : les mariés, parents, parrains et marraines, propriétaires terriens. Très souvent chacun apporte son écot, soit en espèces soit en nature.
Exemple de menu : soupe, bœuf, tripes frites (très appréciées), far, riz en gâteau, et rôti qui clôt le repas. On récite les grâces à la fin du repas.

Puis c’est le temps de la danse, tolérée par l’Eglise pour les mariages, à l’exception des « dansou kof ha kof »(ventre à ventre), comme la valse, la mazurka, la scottish, propres à « réchauffer les sangs ».

Les mariés ne se retrouvent la nuit que le quatrième jour. Le premier est « pour Jésus », le deuxième « pour Marie », le troisième « pour Joseph ». D’une manière plus pratique, la noce s’étalant sur trois jours, l’état du marié le soir n’était pas toujours  propice à une nuit de noces convenable…

La nuit de noces était troublée par la « soupe au lait », breuvage infect que les jeunes obligeaient les mariés à avaler dans un récipient tout aussi repoussant (sorte de bizutage).

Le retour de noces réunit la famille proche. Le troisième jour est pour les mendiants, les bienvenus pour manger les restes.  On fait un geste pour les inviter à la fête : le marié invite la doyenne des mendiants pour une gavotte, la mariée invite le doyen.

A partir de 1890 le passage du photographe (ou le passage chez le photographe) devient incontournable.

Il peut y avoir un charivari : cortège bruyant, tapage de casseroles, lorsque les jeunes n’approuvent pas le mariage (ex. un veuf épousant une femme beaucoup plus jeune).

Les coutumes anciennes ont disparu progressivement à partir de la première guerre mondiale.


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Réparer des bulles de savon éclatées et faire sourire des poupées de chiffon,ça peut prendre du temps !      
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Chantou

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Re: Les noces bretonnes autrefois

Message par Chantou le Mar 20 Sep - 1:17

Ah, intéressant ce code des bons usages d'un mariage breton aux temps anciens!
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